Football Club FanClub on 18 May 2006 02:06 pm
La Russie en eau rouble
La grande machine du football
La Russie en eau rouble
Vendredi, 26 août 2005
Par Eugene Sekundo
Si la qualité d’un championnat se mesurait à sa puissance financière, la Premier League russe serait l’un des tout meilleurs d’Europe. Cependant, malgré le succès du PFC CSKA Moskva en Coupe UEFA et sa participation à la Super Coupe de l’UEFA, la Russie est encore loin derrière ses voisins européens en terme de réussite sportive et de management.
Nouveaux investisseurs
L’une des conséquences indirectes de la chute de l’Union soviétique en 1991 a été la mise en déshérence des écoles de football qui prospéraient à l’époque. Heureusement, de nouveaux investisseurs ont rendu possible l’émergence d’une nouvelle génération de talents prometteurs ainsi que la construction de nouveaux stades. Car en terme de finance, beaucoup de championnats européens envient la Russie.
L’exemple d’Abramovich
Lorsque Roman Abramovich est devenu l’actionnaire majoritaire du Chelsea FC en juillet 2003, il n’a pas laissé ses compatriotes indifférents. Alors que certains étaient ravis de revoir, même de façon indirecte, leur pays au plus haut niveau du football européen, d’autres partageaient l’avis de Viacheslav Koloskov, le vice-président de l’Union russe de football : “Il serait préférable qu’Abramovich investisse son argent dans le football russe.”
Rentrée d’argent
Koloskov a dû se réjouir en apprenant huit mois plus tard que Sibneft, la compagnie pétrolière d’Abramovich, sponsorisait désormais le CSKA. D’autres investisseurs allaient rapidement en faire de même. Leonid Fedun, le vice-président de Lukoil, prenait la tête du FC Spartak Moskva, tandis qu’Aleksei Fedorychev, qui à travers sa société Fedcom a aidé l’AS Monaco FC à atteindre la finale de l’UEFA Champions League en 2003/04 – après avoir éliminé le FC Lokomotiv Moskva – prenait le FC Dinamo Moskva.
Légion étrangère
Ces investissements n’ont pas seulement fait revenir les footballeurs russes en exil, ils ont permis d’attirer un grand nombre de joueurs étrangers. Le Spartak a dépensé 11 M€ pour s’offrir Fernando Cavenaghi, le CSKA s’est offert l’international croate Ivica Olic ainsi que trois vedettes brésiliennes – Daniel Carvalho, Dudu et Vágner Love – et le Lokomotiv a recruté le milieu de terrain Francisco Lima, convoité par l’AS Roma.
Le Dinamo à la sauce portugaise
De son coté, le Dinamo a rivalisé avec Chelsea par son recrutement ambitieux. Alors que le Portugais José Mourinho est parti pour Londres, les anciens joueurs du FC Porto Derlei, Costinha, Maniche, Thiago et Giourkas Seitaridis ont rejoint la capitale russe. En conséquence, la télévision locale donne de plus en plus d’importance à la Premier League et les supporteurs s’y sont habitués.
Manque résultats
Ces dépenses n’engendrent cependant pas forcément les résultats escomptés. Même si elle compte dans ses rangs des joueurs ayant remporté la Champions League en 2004 avec Porto et ayant disputé l’UEFA EURO 2004™ sous les couleurs du Portugal, la formation du Dinamo reçoit toujours dans son vieux stade et peu de jeunes joueurs parviennent à s’imposer. Cette équipe de vedettes pointe à la neuvième place du championnat.
L’importance des infrastructures
Le Spartak dispose également d’une bonne équipe, mais dispute toujours ses rencontres à domicile à Luzhniki, un stade d’emprunt. Le “club du peuple” peut toutefois se consoler avec son centre de formation très prometteur. Ici, les investissements financiers ont porté leurs fruits, soutenus par les solides infrastructures du club.
Autres facteurs
Ce n’est pas par hasard que le Lokomotiv et le CSKA se retrouvent à nouveau en tête du championnat. Tout en bénéficiant de la contribution de sponsors généreux, ces clubs ne négligent pas pour autant les autres facteurs. Le Lokomotiv possède probablement le meilleur stade de toute l’Europe de l’Est.
Marché local
Le CSKA aligne les frères Alexei et Vasili Berezutski en défense et, au milieu de terrain, Yuri Zhirkov, recruté au FC Spartak Tambov pour la modique somme de 300 000 €, une fraction de sa valeur actuelle. Un recrutement intelligent peut parfois s’avérer aussi efficace qu’un gros portefeuille.
Stabilité
Bien entendu, tous les clubs ne peuvent pas s’offrir des champions d’Europe ou des vedettes brésiliennes, car tout peut s’écrouler du jour au lendemain sans une certaine stabilité financière. Le FC Krylya Sovetov Samara, par exemple, avait atteint la troisième place du championnat en 2004 grâce aux investissements de son ancien propriétaire, Leonid Tkachenko. Depuis, ce dernier a revendu l’équipe avant de se retirer, les débuts du club en Coupe UEFA n’ayant pas réussi à attirer les sponsors des secteurs privés ou publics. Le FC Krylya lutte aujourd’hui contre la relégation.
Le succès du Zenit
Les formations à petits budgets peuvent garder espoir. Le Zenit St. Peterburg n’est pas vraiment un club pauvre, mais ne peut toutefois pas se permettre de dépenser des millions en transferts. En revanche, le Zenit dispose d’un excellent centre de formation, d’un entraîneur respecté, de dirigeants prudents et des plus fervents supporteurs de Russie. Aleksander Kerzhakov et Andrei Arshavin sont des joueurs clés de la sélection russe, tout comme Vladimir Bystrov, récemment vendu au Spartak.
Inquiétudes
Mais malgré tout cet argent injecté dernièrement dans le football russe, le succès du CSKA et la réussite du Zenit en championnat – actuellement à égalité avec le vainqueur de la Coupe UEFA à sept longueurs du Lokomotiv – montrent que ces investissements ne portent leurs fruits que s’ils sont utilisés intelligemment. D’ailleurs, les supporteurs commencent déjà à s’inquiéter de ces arrivées massives de joueurs étrangers qui pourraient empêcher l’éclosion des jeunes locaux et affaiblir l’équipe nationale. Ceci prouve qu’en Russie, tout en permettant aux grands clubs de se perfectionner, l’argent ne fait pas tout.
